Loi du 10 mars 2026 portant création d’une plateforme commune de transmission électronique sécurisée et modification : 1° du Code de procédure pénale ; 2° de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État
Nous Guillaume, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau,
Le Conseil d’État entendu ;
Vu l’adoption par la Chambre des Députés ;
Vu la décision de la Chambre des Députés du 11 février 2026 et celle du Conseil d’État du 24 février 2026 portant qu’il n’y a pas lieu à second vote ;
Avons ordonné et ordonnons :
Art. 1er. Champ d’application
La présente loi s’applique :
aux mesures ordonnées par les autorités judiciaires sur base des articles 67-1 et 88-1, paragraphe 1er, point 1°, du Code de procédure pénale ;
aux moyens et mesures de recherche du Service de renseignement de l’État autorisés en vertu de l’article 7 de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État.
Art. 2. Définitions
Pour l’application de la présente loi, on entend par :
« décision de repérage » : toute décision prise en application de l’article 67-1 du Code de procédure pénale ou de l’article 7, paragraphe 2, de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État ;
« décision de surveillance et de contrôle des télécommunications » : toute décision prise en application de l’article 88-1, paragraphe 1er, point 1°, du Code de procédure pénale ou de l’article 7, paragraphe 1er, de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État ;
« la plateforme commune de transmission électronique sécurisée » : un dispositif informatique qui a pour finalité de permettre aux autorités judiciaires et au Service de renseignement de l’État d’effectuer les échanges prévus à l’article 3, paragraphe 1er.
Art. 3. Plateforme commune de transmission électronique sécurisée
(1)
Il est créé une plateforme commune de communication électronique sécurisée pour les besoins de :
la transmission électronique sécurisée entre les autorités judiciaires et les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs de services de communications électroniques des éléments et informations nécessaires à l’exécution :
des décisions de repérage visées à l’article 67-1 du Code de procédure pénale ; des décisions de surveillance et de contrôle visées à l’article 88-1, paragraphe 1er, point 1°, du Code de procédure pénale ; des résultats de l’exécution de ces mesures ;
la transmission électronique sécurisée entre le Service de renseignement de l’État et les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs de services de communications électroniques des éléments et informations nécessaires à l’exécution :
des décisions de surveillance et de contrôle visées à l’article 7, paragraphe 1er, de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État ; des décisions de repérage visées à l’article 7, paragraphe 2, de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État ; des résultats de l’exécution de ces mesures.
(2)
La plateforme commune de transmission électronique sécurisée est hébergée auprès du Centre des technologies de l’information de l’État qui en assure la gestion opérationnelle.
(3)
Les informations relatives aux transmissions visées au paragraphe 1er à la personne ayant procédé à la consultation, aux informations consultées, aux critères de recherche, à la date et l’heure de la consultation, ainsi qu’au motif de la consultation sont conservées cinq ans à compter du jour où la mesure a été exécutée.
(4)
Les décisions visées au paragraphe 1er et les informations reçues des opérateurs de télécommunications et des fournisseurs de services de communications électroniques en exécution des mesures ordonnées sont effacées de la plateforme commune de transmission électronique sécurisée dès confirmation de la réception de ces informations par l’autorité judiciaire ou le Service de renseignement de l’État. Elles sont conservées sur la plateforme commune de transmission électronique sécurisée le temps nécessaire à la transmission aux autorités requérantes.
(5)
Le format et les modalités de la transmission des données collectées en application de l’article 67-1 du Code de procédure pénale et de l’article 7, paragraphe 2, de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État aux autorités judiciaires et au Service de renseignement de l’État, sont définis par règlement grand-ducal.
Art. 4. Modification du Code de procédure pénale
Le Code de procédure pénale est modifié comme suit :
L’article 67-1, paragraphe 2, est remplacé comme suit :
(2)
Les éléments et informations nécessaires à l’exécution de la réquisition visée par le présent article sont communiqués par voie électronique sécurisée au moyen de la plateforme visée à l’article 3 de la loi du 10 mars 2026 portant création d’une plateforme commune de transmission électronique sécurisée aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs de services de communications électroniques.
Les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs de services de communications électroniques font procéder sans retard à l’exécution de la mesure et transmettent les résultats de cette exécution au moyen de la même plateforme dans les meilleurs délais.
Toute personne qui, du chef de sa fonction, a connaissance de la mesure ou y prête son concours, est tenue de garder le secret. Toute violation du secret est punie conformément à l’article 458 du Code pénal.
Toute personne qui refuse de prêter son concours technique aux réquisitions visées dans cet article, est punie d’une amende de 1.250 à 125.000 euros.
L’article 88-4, paragraphe 1er, alinéa 1er, est remplacé comme suit :
(1)
Les éléments et informations nécessaires à l’exécution de la mesure par laquelle le juge d’instruction ordonne la surveillance et le contrôle de télécommunications ainsi que de correspondances confiées à la poste sont notifiés par voie électronique sécurisée au moyen de la plateforme visée à l’article 3 de la loi du 10 mars 2026 portant création d’une plateforme commune de transmission électronique sécurisée aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs de services de communications électroniques qui font sans retard procéder à son exécution. Les éléments et les informations notifiés et les suites qui leur sont données sont inscrits sur un registre spécial tenu par chaque opérateur des postes et télécommunications.
Art. 5. Modification de l’article 7, paragraphe 3, alinéa 1er, de la loi du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État****
L’article 7, paragraphe 3, alinéa 1er, de la loi modifiée du 5 juillet 2016 portant réorganisation du Service de renseignement de l’État est remplacé comme suit :
(3)
Les éléments et informations nécessaires à l’exécution des mesures de surveillance et de contrôle visées au paragraphe 1er ainsi que les mesures de repérage visées au paragraphe 2 sont notifiés par voie électronique sécurisée au moyen de la plateforme visée à l’article 3 de la loi du 10 mars 2026 portant création d’une plateforme commune de transmission électronique sécurisée aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs de services de communications électroniques qui font procéder sans retard à leur exécution et transmettent les résultats de cette exécution au moyen de la même plateforme dans les meilleurs délais.
Art. 6. **Intitulé de citation**
La référence à la présente loi se fait sous la forme suivante : « loi du 10 mars 2026 portant création d’une plateforme commune de transmission électronique sécurisée ».
Art. 7. **Entrée en vigueur**
La présente loi entre en vigueur le premier jour du douzième mois qui suit celui de sa publication au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg.
Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne.
La Ministre de la Justice, Elisabeth Margue
Fait le 10 mars 2026. Guillaume