Loi du 2 février 2022 sur les armes et munitions et portant : 1° transposition de la directive (UE) 2021/555 du Parlement européen et du Conseil du 24 mars 2021 relative au contrôle de l’acquisition et de la détention d’armes ; 2° modification du Code pénal ; 3° abrogation de la loi du 20 avril 1881 concernant le transport et le commerce des matières explosives
Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau,
Notre Conseil d’État entendu ;
De l’assentiment de la Chambre des Députés ;
Vu la décision de la Chambre des Députés du 20 janvier 2022 et celle du Conseil d’État du 1er février 2022 portant qu’il n’y a pas lieu à second vote ;
Avons ordonné et ordonnons :
Chapitre 1er Dispositions générales
Art. 1er. Définitions
Pour l’application de la présente loi, on entend par :
« arme à feu » : toute arme à canon portative qui propulse des plombs, une balle ou un projectile par l’action de la combustion d’une charge propulsive, ou qui est conçue pour ce faire ou peut être transformée à cette fin ; un objet est considéré comme pouvant être transformé pour propulser des plombs, une balle ou un projectile par l’action de la combustion d’une charge propulsive si :il revêt l’aspect d’une arme à feu, etdu fait de ses caractéristiques de construction ou du matériau dans lequel il est fabriqué, il peut être ainsi transformé ;
« partie essentielle » : le canon, la carcasse, la boîte de culasse, y compris ses parties supérieures et inférieures le cas échéant, la glissière, le barillet, la culasse mobile ou le bloc de culasse qui, en tant qu’objets séparés, sont compris dans la catégorie dans laquelle l’arme à feu dont ils font partie ou sont destinés à faire partie a été classée ;
« arme à feu courte » : une arme à feu dont le canon ne dépasse pas 30 centimètres ou dont la longueur totale ne dépasse pas 60 centimètres ; la longueur du canon se mesure de l’extrémité arrière de la chambre jusqu’à l’autre extrémité du canon, cache-flamme ou frein de bouche non compris ; la longueur totale d’une arme à feu à crosse amovible ou repliable se mesure sans la crosse ou la crosse repliée ;
« arme à feu longue » : toute arme à feu autre que les armes à feu courtes ;
« arme à feu automatique » : toute arme à feu qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui peut, par une seule pression sur la détente, lâcher une rafale de plusieurs coups ;
« arme à feu semi-automatique » : une arme à feu qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui ne peut pas, par une seule pression sur la détente, lâcher plus d’un seul coup ;
« arme à feu à répétition » : une arme à feu qui, après chaque coup tiré, est rechargée manuellement par introduction dans le canon d’une cartouche prélevée dans un magasin et transportée à l’aide d’un mécanisme ;
« arme à feu à un coup » une arme à feu sans magasin qui est chargée avant chaque coup par introduction manuelle de la cartouche dans la chambre ou dans un logement prévu à cet effet à l’entrée du canon ;
« armes d’alarme et de signalisation » : les dispositifs équipés d’un système d’alimentation qui sont conçus uniquement pour le tir de munitions à blanc, de produits irritants, d’autres substances actives ou d’articles de signalisation pyrotechnique et qui ne peuvent pas être transformés pour propulser des plombs, une balle ou un projectile par l’action de la combustion d’une charge propulsive ;
« armes de spectacle » : les armes à feu spécifiquement transformées pour servir uniquement au tir de munitions à blanc, à l’occasion par exemple de représentations théâtrales, de séances de photos, de tournages de films, d’enregistrements télévisuels, de reconstitutions historiques, de parades, d’événements sportifs ou de séances d’entraînement ;
« armes à feu neutralisées » : les armes à feu qui ont été mises hors d’usage par une neutralisation, qui assure que toutes les parties essentielles de l’arme à feu en question ont été rendues définitivement inutilisables et impossibles à enlever, remplacer ou modifier en vue d’une réactivation quelconque de l’arme à feu ;
« arme à feu ancienne » : toute arme à feu pour laquelle le requérant peut établir :qu’elle a été fabriquée avant le 1er janvier 1900 et qu’elle ne peut tirer des munitions à étui métallique, ouque, bien que fabriquée après le 1er janvier 1900, elle reprend exactement les principes de fonctionnement des modèles originaux antérieurs à cette date et qu’elle ne peut tirer des munitions à étui métallique ;
« arme à feu moderne » : toute arme à feu qui n’est pas une arme à feu ancienne ;
« arme incendiaire » : Tout arme essentiellement conçue pour mettre à feu des objets ou pour causer la mort ou des lésions corporelles à des personnes par l’action, combinée ou non, de flammes ou de chaleur, dégagée par une réaction chimique d’une substance lancée sur la cible.
« arme non à feu » : tout engin qui est conçu ou adapté pour permettre le lancement d’un projectile moyennant de l’air ou de gaz comprimé, une force mécanique, un dispositif électrique ou un mécanisme à pression de ressort, à l’exception des arcs de tir sportif ;
« arme blanche » : tout engin ou objet fabriqué en métal, ou en un matériau présentant une résistance équivalente, doté d’un manche ainsi que d’une pointe ou d’une lame à un ou plusieurs tranchants ; la longueur de la lame n’est mesurée que par rapport à sa partie tranchante ;
« couteau de poche » : toute arme blanche à cran d’arrêt non munie d’une garde dont la lame :sort latéralement du manche ;ne peut être sortie du manche que par une manipulation à deux mains ;n’a qu’un seul tranchant ;a une longueur inférieure ou égale à neuf centimètres, etprésente au milieu une largeur d’au moins 20% de sa longueur ;sont compris dans cette définition les outils multifonctionnels qui comportent une lame telle que définie ci-avant, de même que les couteaux sans cran d’arrêt qui correspondent aux dimensions et spécifications prévues aux lettres a) à e) même si le couteau est ouvrable d’une seule main, ainsi que les couteaux à lame fixe ne dépassant pas les dimensions visées à la lettre d) ;
« couteau à cran d’arrêt et à lame jaillissante » : le couteau dont la lame, actionnée par un mécanisme ou par la gravité, sort du manche et se bloque automatiquement ;
« couteau-papillon » : couteau dont le manche est divisé en deux parties dans le sens de la longueur et dont la lame s’extrait par un écartement latéral des deux parties du manche dans une direction opposée, aussi appelé « butterfly » ;
« couteau à lancer » : couteau fabriqué de sorte que son équilibrage particulier permet le lancement avec précision ;
« fléau japonais » : fléau formé de deux tiges courtes et rigides dont les extrémités sont reliées par une chaîne ou un autre moyen flexible, aussi appelé « nunchaku » ;
« étoile à lancer » : morceau de métal en forme d’étoile et à pointes acérées, pouvant être dissimulé, aussi appelé « shuriken » ;
« munitions » : l’ensemble de la cartouche ou ses éléments, y compris les étuis, les amorces, la poudre propulsive, les balles ou les projectiles, utilisés dans une arme à feu, à condition que ces éléments fassent eux-mêmes l’objet d’une autorisation dans l’État membre concerné ;
« munitions à balles perforantes » : munition à usage militaire avec balles blindées à noyau dur perforant ;
« munitions à balles explosives » : munition à usage militaire avec balles contenant une charge explosant lors de l’impact ;
« munitions à balles incendiaires » : munition à usage militaire avec balles contenant un mélange chimique s’enflammant au contact de l’air ou lors de l’impact ;
« permis de port d’armes » : le droit d’une personne d’emmener des armes et munitions avec elle ou sur elle en dehors de son domicile ou de sa résidence habituelle afin de les transporter vers un autre lieu où elle peut en faire l’usage prévu ou autorisée par la loi ; le permis de port d’armes englobe le droit de détenir des armes et munitions ;
« autorisation de détention d’armes » : le droit d’une personne de garder des armes et munitions à son domicile ou à sa résidence habituelle, sans pouvoir les porter ou transporter en dehors de son domicile ou de sa résidence habituelle ;
« musée » : une institution permanente relevant d’une personne physique ou morale à caractère commercial ou de l’État, d’un établissement public, d’une commune ou d’un syndicat de communes, ou d’une association sans but lucratif ou d’une fondation reconnue par le ministre qui est au service de la société et de son développement, ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie et expose des armes à feu, des parties essentielles ou des munitions à des fins historiques, culturelles, scientifiques, techniques, éducatives, récréatives ou de préservation du patrimoine ;
« collectionneur » : toute personne physique ou morale qui se voue à la collecte et à la conservation des armes à feu, des parties essentielles ou des munitions, à des fins historiques, culturelles, scientifiques, techniques, éducatives ou de préservation du patrimoine ;
« armurier » : toute personne physique ou morale dont l’activité professionnelle consiste, en tout ou en partie, en :la fabrication, le commerce, l’échange, la location, la réparation, la modification ou la transformation d’armes à feu ou de parties essentielles, oula fabrication, le commerce, l’échange, la modification ou la transformation de munitions ;
« commerçant d’armes » : toute personne physique ou morale dont l’activité professionnelle se limite à acheter, à vendre, à mettre en dépôt, à échanger, à louer, à prêter à exporter ou à importer des armes et des munitions, à l’exclusion de la fabrication, de la réparation, de la modification ou de la transformation d’armes à feu ou de parties essentielles ; sauf dérogation expresse, les dispositions relatives aux armuriers s’appliquent également aux commerçants d’armes ;
« courtier » : toute personne physique ou morale, autre qu’un armurier ou un commerçant d’armes, dont l’activité professionnelle consiste, en tout ou en partie, en :la négociation ou l’organisation d’opérations en vue de l’achat, de la vente ou de la fourniture d’armes à feu, de parties essentielles ou de munitions, oul’organisation du transfert d’armes à feu, de parties essentielles ou de munitions à l’intérieur du Luxembourg, depuis un État membre vers un autre État membre de l’Union européenne, depuis un État membre de l’Union européenne vers un pays tiers ou depuis un pays tiers vers un État membre de l’Union européenne ;
« fabrication illicite » : la fabrication ou l’assemblage d’armes relevant du champ d’application de la présente loi, de leurs parties essentielles et de leurs munitions :à partir de toute partie essentielle de ces armes à feu ayant fait l’objet d’un trafic illicite ;sans autorisation délivrée par le ministre ayant la Justice dans ses attributions, ci-après « ministre », ou conformément à l’article 4 de la directive (UE) 2021/555 du Parlement européen et du Conseil du 24 mars 2021 relative au contrôle de l’acquisition et de la détention d’armes, ci-après « directive (UE) 2021/555 », par une autorité compétente de l’État membre dans lequel la fabrication ou l’assemblage a lieu ; ousans marquage des armes à feu au moment de leur fabrication, conformément à l’article 5 ;à l’exception du reconditionnement de munitions par les titulaires d’un permis de port d’armes pour leur propre besoin et à titre privé ;
« trafic illicite » : l’acquisition, la vente, la livraison, le transport ou le transfert d’armes, de parties essentielles d’armes à feu ou de munitions, relevant du champ d’application de la présente loi, à partir, vers, ou au travers du Luxembourg vers ou en provenance d’un autre État, si le Luxembourg ou l’autre État ne l’autorise pas conformément à la présente loi, ou, lorsqu’il s’agit d’armes à feu, de parties essentielles et de munitions soumises à l’obligation d’un marquage, ces armes à feu, parties essentielles et munitions ne sont pas marquées conformément à la présente loi ;
« traçage » : le suivi systématique du parcours des armes à feu et, si possible, de leurs parties essentielles et munitions depuis le fabricant jusqu’à l’acquéreur en vue d’aider les autorités compétentes à déceler et analyser la fabrication et le trafic illicites et à mener des enquêtes sur ceux-ci ;
« mise sur le marché » : le fait pour un armurier, un commerçant d’armes, un courtier ou une autre personne physique ou morale de proposer à une autre personne la vente, la location, la location-vente, le dépôt-vente, la mise en dépôt, l’acquisition, la cession ou le prêt à usage d’armes et de munitions relevant du champ d’application de la présente loi ;
« transfert » : le déplacement matériel d’armes et de munitions entre le Luxembourg et un autre État membre de l’Union européenne ou un pays associé à l’espace Schengen ;
« exportation » et « importation » : le déplacement matériel d’armes et de munitions à partir du Luxembourg vers un État autre que les États membres de l’Union européenne ou les pays associés à l’espace Schengen (exportation), ou le déplacement matériel d’armes et de munitions vers le Luxembourg à partir d’un État autre que les États membres de l’Union européenne ou les pays associés à l’espace Schengen (importation) ;
« transbordement » : l’opération définie à l’article 2, point 13), du règlement (UE) n° 258/2012 du Parlement européen et du Conseil du 14 mars 2012 portant application de l’article 10 du protocole des Nations unies contre la fabrication et le trafic illicites d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, additionnel à la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée (protocole relatif aux armes à feu) et instaurant des autorisations d’exportation, ainsi que des mesures concernant l’importation et le transit d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, ci-après « règlement (UE) 258/2012 » ;
« liste commune des équipements militaires de l’Union européenne » : la liste adoptée annuellement par le Conseil de l’Union européenne et reprenant les équipements couverts par la position commune 2008/944/PESC du Conseil du 8 décembre 2008 définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires.
Art. 2. Classification des armes et munitions
Les armes et munitions relevant du champ d’application de la présente loi sont classifiées comme suit :
Catégorie A - Armes et munitions prohibées
Armes à feu
Les armes et munitions figurant sur la liste commune des équipements militaires de l’Union européenne, sauf les exceptions y prévues ;
Les armes, engins, produits, substances et autres matériaux visés par la Convention des Nations Unies du 13 janvier 1993 sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction, Convention approuvée par la loi du 10 avril 1997 ;
Les armes, engins, produits, substances et autres matériaux visés par :le Protocole sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi des mines, pièges et autres dispositifs, tel qu’il a été modifié le 3 mai 1996 (Protocole II, tel qu’il a été modifié le 3 mai 1996), annexé à la Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination du 10 octobre 1980, adopté à Genève, le 3 mai 1996, etle Protocole additionnel à la Convention sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques qui peuvent être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination du 10 octobre 1980, (Protocole IV intitulé Protocole relatif aux armes à laser aveuglantes), adopté le 13 octobre 1995 ;
Les armes, engins, produits, substances et autres matériaux visés par la Convention d’Ottawa du 4 décembre 1997 sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, approuvée par la loi du 29 avril 1999 ;
Les armes à feu courtes et longues automatiques ;
Les armes à feu automatiques transformées en armes à feu semi-automatiques ;
Les armes à feu semi-automatiques à percussion centrale suivantes :les armes à feu courtes permettant de tirer plus de vingt et un coups sans recharger, dès lors :qu’un chargeur d’une capacité supérieure à vingt cartouches fait partie intégrante de l’arme à feu, ouqu’un chargeur amovible d’une capacité supérieure à vingt cartouches y a été inséré ;les armes à feu longues permettant de tirer plus de onze coups sans recharger, dès lors :qu’un chargeur d’une capacité supérieure à dix cartouches fait partie intégrante de l’arme à feu, ouqu’un chargeur amovible d’une capacité supérieure à dix cartouches y a été inséré ;
Les armes à feu longues semi-automatiques, initialement conçues comme armes d’épaule, mais dont la longueur peut être réduite à moins de 60 centimètres à l’aide d’une crosse repliable ou télescopique, ou d’une crosse démontable sans outils, sans qu’elles ne perdent leur fonctionnalité ;
Les armes à feu qui se présentent sous une forme dissimulant leur véritable nature ;
Les armes à feu à répétition à canon lisse munies d’un dispositif de rechargement à pompe et d’une poignée de pistolet ;
Les armes à feu intégrant un système silencieux inamovible, à l’exception des armes à feu relevant de la catégorie B.1 ;
Les armes à feu de la catégorie A qui ont été transformées pour le tir de munitions à blanc, de produits irritants, d’autres substances actives ou d’articles de pyrotechnie, ou en arme de spectacle ;
Les armes à feu modernes dépourvues d’un marquage ainsi que celles dont un quelconque élément du marquage a été effacé, modifié, manipulé ou rendu illisible ;
Armes non à feu
Les armes non à feu qui se présentent sous une forme dissimulant leur véritable nature ;
Les générateurs d’aérosols, pistolets à gaz et autres engins vaporisateurs à effet inhibitif ou incapacitant, vaporisant des substances lacrymogènes ou similaires ;
Les engins spécialement conçus afin de produire un effet inhibitif ou de causer une douleur moyennant une décharge électrique, aussi appelés « Taser », à l’exception des outils conçus spécialement à des fins médicales ou vétérinaires, exclus du champ d’application de la présente loi ;
Munitions
Les munitions qui ne peuvent être utilisés qu’avec des armes à feu de la catégorie A ;
Les munitions à balles perforantes, explosives ou incendiaires, ainsi que les projectiles pour ces munitions ;
Les munitions avec des projectiles expansifs, ainsi que ces projectiles, sauf en ce qui concerne les armes de chasse ou de tir sportif pour les personnes habilitées à utiliser ces armes ;
Armes blanches et contondantes
Les armes blanches qui se présentent sous une forme dissimulant leur véritable nature ;
Les couteaux-papillon, couteaux à lancer, coups de poings américains, fléaux japonais, étoiles à lancer ;
Les couteaux à cran d’arrêt et à lame jaillissante ;
Toute arme blanche dont la lame a une longueur inférieure ou égale à 15 centimètres et est fixée au milieu du manche et se trouve, par rapport à ce dernier, dans une position perpendiculaire ou qui forme avec le manche un angle inférieur à 135 degrés ou supérieur à 225 degrés ;
Toute arme blanche conçue pour être tenue par l’insertion d’un ou de plusieurs doigts dans le manche, y compris les couteaux appelés « karambit », à l’exception des ciseaux ;
Les objets et substances qui n’ont pas été conçus comme armes, mais qui ont été transformés, mélangés ou modifiés pour être utilisés à cette fin et dont il apparaît clairement, étant donné les circonstances concrètes, que celui qui les détient, porte ou transporte entend manifestement les utiliser aux fins de menacer ou de blesser physiquement des personnes ;
Accessoires
Le matériel de visée projetant un rayon lumineux sur la cible ainsi que les lunettes de tir nocturne ou de visibilité réduite, à l’exclusion des lunettes utilisant uniquement des lentilles optiques, sauf lorsque ce matériel est admis par la législation sur la chasse ;
Les dispositifs équipés d’un système d’alimentation qui sont conçus uniquement pour le tir de munitions à blanc, de produits irritants, d’autres substances actives ou d’artifices pyrotechniques de signalisation, transformés pour propulser des plombs, une balle ou un projectile par l’action de la combustion d’une charge propulsive ;
Catégorie B - Armes et munitions soumises à autorisation
Armes à feu
Les armes à feu admises par la législation sur la chasse ;
Les armes à feu longues et courtes semi-automatiques ;
Les armes à feu longues et courtes à répétition ;
Les armes à feu longues et courtes à un coup par canon ;
Les armes à feu à percussion annulaire du calibre .22LR ou 5,6 mm lfB ;
Les armes à feu longues à canon lisse ;
Les armes à feu longues à répétition à canon lisse, munies d’un dispositif de rechargement à pompe ;
Les armes à feu courtes à répétition ;
Les armes à feu courtes à un coup, à percussion centrale ;
Les armes à feu courtes à un coup, à percussion annulaire, d’une longueur totale inférieure à 28 centimètres ;
Les armes à feu longues semi-automatiques dont le chargeur et la chambre peuvent contenir ensemble un nombre de cartouches supérieur à trois pour les armes à feu à percussion annulaire, et supérieur à trois mais inférieur à douze cartouches pour les armes à feu à percussion centrale ;
Les armes à feu courtes semi-automatiques autres que celles mentionnées au point A.7, lettre a) ;
Les armes à feu longues semi-automatiques mentionnées au point A.7, lettre b), dont le chargeur et la chambre ne peuvent contenir ensemble plus de trois cartouches, dont le chargeur n’est pas inamovible ou pour lesquelles il n’est pas garanti que ces armes ne puissent être transformées, par un outillage courant, en armes dont le chargeur et la chambre peuvent contenir ensemble plus de trois cartouches ;
Les armes à feu longues à répétition et semi-automatiques à canon lisse dont le canon ne dépasse pas 60 centimètres ;
Les armes à feu civiles semi-automatiques qui ont l’apparence d’une arme à feu automatique autres que celles mentionnées aux points A.6, A.7 ou A.8 ;
Les armes à feu longues à répétition autres que celles mentionnées au point B.7 ;
Les armes à feu longues à un coup à canon rayé ;
Les armes à feu courtes à un coup, à percussion annulaire, d’une longueur totale supérieure ou égale à 28 centimètres ;
Les armes à feu de poing courtes, semi-automatiques ou à répétition, permettant l’usage de munitions des calibres .38 Special ou 9 mm Parabellum ou d’une puissance de tir y inférieure ou équivalente ;
Les armes à feu longues semi-automatiques autres que celles mentionnées aux catégories A ou B ;
Les armes à feu et engins destinés à l’anesthésie ou à l’abattage des animaux, aussi appelés « tue-bétail » ;
Les armes d’alarme et de signalisation ;
Les armes de spectacle ;
Les armes à feu anciennes ;
Les armes à feu longues à un coup à canon lisse mises sur le marché à partir du 14 septembre 2018 ;
Les armes à feu de la catégorie B qui ont été transformées pour le tir de munitions à blanc, de produits irritants, d’autres substances actives ou d’articles de pyrotechnie, ou en arme de spectacle ;
Toutes les armes à feu qui ne correspondent pas aux caractéristiques des armes et munitions figurant aux catégories A et C ;
Armes non à feu
Les armes non à feu dont l’énergie cinétique à la bouche du canon est supérieure à 7,5 joules.
Les armes non à feu dont l’énergie cinétique à la bouche du canon est inférieure ou égale à 7,5 joules et supérieure ou égale à 0,5 joules ;
Toutes les armes non à feu qui ne correspondent pas aux caractéristiques des armes et munitions figurant aux catégories A et C ;
Les arbalètes, les frondes ou lance-projectiles, ainsi que tous autres engins conçus ou adaptés pour lancer par la force mécanique des projectiles avec une force de propulsion supérieure à dix kg ;
Toute arme non à feu de la catégorie B qui a été transformée pour le tir de munitions à blanc, de produits irritants, d’autres substances actives ou d’articles de pyrotechnie, ou en arme de spectacle ;
Les matraques télescopiques et non télescopiques ;
Munitions et accessoires
Les munitions destinées aux armes de la catégorie B ;
Les silencieux ;
Toutes les munitions et accessoires qui ne correspondent pas aux caractéristiques des munitions et accessoires figurant aux catégories A et C ;
Armes blanches
Les épées, glaives, sabres, baïonnettes, hallebardes, poignards, couteaux-poignards, dards, stylets, casse-têtes, massues, cannes à épée ou à sabre, et autres armes blanches ayant des caractéristiques similaires ;
Catégorie C - Armes et munitions soumises à déclaration
Les armes à feu des catégories A ou B qui ont été neutralisées conformément au règlement d’exécution (UE) n° 2015/2403 de la Commission du 15 décembre 2015 établissant des lignes directrices communes concernant les normes et techniques de neutralisation en vue de garantir que les armes à feu neutralisées sont rendues irréversiblement inopérantes, ci-après « règlement d’exécution (UE) 2015/2403 ».
Art. 3. Parties essentielles et munitions
(1)
Les dispositions concernant les armes et munitions s’appliquent également aux parties essentielles de ces armes et munitions.
(2)
Le régime d’acquisition, de détention et de port des munitions est identique à celui des armes à feu auxquelles elles sont destinées.
(3)
Les armuriers et les courtiers peuvent refuser de conclure toute transaction visant à acquérir des cartouches complètes de munitions, ou de composants de munitions, qu’ils pourraient raisonnablement considérer comme suspecte, en raison de sa nature ou de son échelle, et signalent toute tentative de transaction de ce type aux autorités compétentes.
Art. 4. Armes et munitions exclues du champ d’application
(1)
La présente loi ne s’applique pas :
aux armes et munitions qui font partie de l’équipement de service réglementaire de l’Armée, de la Police grand-ducale, de l’Administration des douanes et accises, de l’Administration pénitentiaire, du Corps grand-ducal d’incendie et de secours, et de l’Administration de la nature et des forêts, de même qu’aux armes et munitions gérées par cette administration, ainsi qu’aux armes d’alarme et de signalisation de l’Administration de la navigation aérienne ;
aux armes non à feu et munitions acquises et détenues par les exploitants de stands forains et ambulants de tir et à leur utilisation par le public ;
aux couteaux de poche.
(2)
Les dispositions de la présente loi et de ses actes et règlements d’exécution deviennent applicables aux armes et munitions visées au paragraphe 1er lorsque celles-ci sont mises sur le marché en vue d’un usage différent de ceux visés à ces dispositions.
Art. 5. Marquage et traçage
(1)
Toute arme à feu ou partie essentielle fabriquée ou importée dans l’Union européenne à partir du 14 septembre 2018 ou après cette date qui est mise sur le marché et qui relève du champ d’application de la présente loi doit être marquée conformément aux dispositions de la présente loi et des règlements et actes d’exécution applicables. Aux fins de l’identification et du traçage des armes à feu, chaque arme à feu assemblée est :
pourvue d’un marquage clair, permanent et unique, sans tarder après la fabrication et, au plus tard, avant sa mise sur le marché, ou sans tarder après l’importation dans l’Union européenne, et
est enregistrée conformément à la présente loi ou de ses règlements et actes d’exécution, sans tarder après la fabrication et, au plus tard, avant sa mise sur le marché, ou sans tarder après l’importation au Luxembourg.
Le marquage est appliqué sur une partie essentielle de l’arme à feu, dont la destruction rendrait l’arme à feu inutilisable.
(2)
Le marquage visé au paragraphe 1er, lettre a), comprend le nom du fabricant ou de la marque, le pays ou le lieu de fabrication, le numéro de série et l’année de fabrication, si elle ne figure pas dans le numéro de série, et, dans la mesure du possible, le modèle. Cette disposition n’exclut nullement l’apposition de la marque de fabrique. Si une partie essentielle est trop petite pour être marquée conformément au présent article, elle est au moins marquée d’un numéro de série ou selon un code numérique ou alphanumérique.
(3)
Chaque conditionnement élémentaire de munitions complètes est marqué de manière à indiquer le nom du fabricant, le numéro d’identification du lot, le calibre et le type de munition.
(4)
Les dispositions du présent article ne s’appliquent ni aux armes à feu anciennes ni aux armes à feu longues à un coup par canon lisse qui ont été mises sur le marché avant le 14 septembre 2018.
(5)
Il est interdit d’effacer, de modifier, de manipuler ou de rendre illisible un quelconque élément du marquage des armes à feu, des parties essentielles et des munitions.
Art. 6. Dispositions relatives aux armes et munitions de la catégorie A
(1)
L’importation, l’exportation, le transfert, le transit, la fabrication, la transformation, la réparation, l’acquisition, l’achat, la location, la mise en dépôt, le transport, la détention, le port, la cession, la vente, ainsi que toute opération de commerce relative à des armes et munitions de la catégorie A sont interdits.
(2)
Toutefois, par dérogation au paragraphe 1er, le ministre peut accorder une autorisation pour une ou plusieurs des opérations visées au paragraphe 1er concernant des armes et munitions :
qui sont destinées à faire partie d’une collection ou d’un musée ;
qui sont destinées à des fins scientifiques, de formation professionnelle ou éducatives, ou
qui sont destinées exclusivement à des opérations d’exportation, d’importation ou de transfert.
Cette autorisation peut être soumise à la condition que les armes concernées ne puissent servir à d’autres fins que celles y mentionnées. En cas de transit, aucune autorisation n’est requise s’il est effectué sans transbordement.
Art. 7. Dispositions générales relatives aux armes et munitions de la catégorie B
(1)
L’importation, l’exportation, le transfert, le transit, la fabrication, la transformation, la réparation, l’acquisition, l’achat, la location, la mise en dépôt, le transport, la détention, le port, la cession, la vente, ainsi que toute opération de commerce relative à des armes et munitions de la catégorie B sont interdites sans autorisation préalable du ministre.
(2)
Une autorisation pour l’achat d’un couteau de chasse n’est pas requise pour les personnes titulaires d’un permis de chasser valable et pour les personnes visées à l’article 10, alinéa 8, de la loi modifiée du 25 mai 2011 relative à la chasse.
(3)
Une autorisation d’achat pour les munitions n’est pas requise pour le titulaire d’un permis de port d’arme, s’il s’agit de munitions pouvant être tirées avec des armes à feu inscrites au permis de port d’arme.
Art. 8. Armes à feu anciennes et leurs munitions et certaines armes blanches
(1)
Les armes à feu anciennes peuvent être importées, exportées, acquises et cédées par des personnes majeures à des fins privées et non commerciales, et être détenues à leur domicile ou résidence habituelle sans autorisation du ministre.
(2)
Elles ne peuvent être transportées ou portées en public qu’avec l’autorisation du ministre, à l’exception des transports effectués, sur le trajet le plus direct, lors de leur prise en possession ou de leur dessaisissement, ou en raison de leur réparation ou maintenance.
(3)
Les opérations commerciales ou professionnelles relatives aux armes à feu anciennes restent réservées aux armuriers et commerçants d’armes agréés.
(4)
Les dispositions du présent article s’appliquent également aux armes blanches visées au point B.37.
Art. 9. Armes non à feu de la catégorie B
(1)
Les armes non à feu visées au point B.29 peuvent être importées, exportées, acquises et cédées par des personnes majeures à des fins privées et non commerciales, et être détenues à leur domicile ou résidence habituelle sans autorisation du ministre.
Les armes non à feu dont l’énergie cinétique à la bouche du canon est inférieure ou égale à 0,5 joules ne tombent pas dans le champ d’application de la présente loi.
(2)
Les armes non à feu visées au paragraphe 1er peuvent être transportées en public sans autorisation du ministre par des personnes majeures qui peuvent établir :
qu’elles sont membres d’une association de tir sportif, et
qu’elles se trouvent sur le trajet le plus direct entre leur domicile ou leur résidence habituelle et :les locaux d’un armurier ou le domicile ou la résidence habituelle d’une autre personne majeure en raison de la prise en possession, du dessaisissement ou de la réparation ou maintenance des armes, ouun stand de tir ou un lieu de compétition de tir autorisés.
(3)
Les opérations commerciales ou professionnelles relatives aux armes non à feu visées au paragraphe 1er sont réservées aux armuriers et commerçants d’armes agréés.
Art. 10. Dispositions relatives à certaines armes blanches et contondantes
(1)
Les armes blanches et contondantes relevant du champ d’application de la présente loi utilisées pour l’exercice d’un art martial ou d’une autre discipline sportive par les personnes qui sont membres d’un club sportif affilié auprès d’une fédération sportive agréée par le ministre ayant les Sports dans ses attributions peuvent être importées, exportées, acquises et cédées par ces personnes à des fins privées et non commerciales, et être détenues à leur domicile ou résidence habituelle sans autorisation du ministre.
(2)
Les armes visées au paragraphe 1er peuvent être transportées en public sans autorisation du ministre par les personnes concernées sur le trajet le plus direct entre leur domicile ou leur résidence habituelle et un lieu d’entraînement ou de compétition de l’art martial ou d’une autre discipline sportive en question, ou les locaux d’un armurier ou le domicile ou la résidence habituelle d’une autre personne remplissant les conditions visées au paragraphe 1er en raison de la prise en possession, du dessaisissement ou de la réparation ou maintenance des armes.
(3)
Les opérations commerciales ou professionnelles relatives aux armes visées au paragraphe 1er sont réservées aux armuriers et commerçants d’armes agréés.
Art. 11. Armes neutralisées de la catégorie C
(1)
La neutralisation des armes de la catégorie A ou B en application du règlement d’exécution (UE) 2015/2403 ne peut être effectuée que par les personnes titulaires d’un agrément d’armurier, à l’exclusion des personnes titulaires d’un agrément de commerçant d’armes. Les armes qui n’ont pas été neutralisées conformément au règlement d’exécution (UE) 2015/2403 restent soumises aux dispositions applicables à la catégorie A ou B dont les armes concernées relevaient auparavant.
(2)
La neutralisation des armes est vérifiée et certifiée par la Police grand-ducale conformément au règlement d’exécution (UE) 2015/2403. Seules les neutralisations effectuées par un armurier agréé en application de la présente loi peuvent faire l’objet d’une vérification et d’une certification par la Police grand-ducale. Les armuriers qui entendent procéder à la neutralisation d’une arme à feu sont tenus d’en informer au préalable la Police grand-ducale et de respecter les consignes qu’ils obtiennent en retour quant aux modalités opérationnelles y afférentes. La Police grand-ducale tient le registre des certificats visé à l’article 3, paragraphe 6, du règlement d’exécution (UE) 2015/2403 et transmet au ministre copie de chaque certificat délivré.
(3)
Par dérogation au paragraphe 1er, les administrations relevant de l’État visées à l’article 4, paragraphe 1er, peuvent neutraliser les armes faisant partie de leur équipement réglementaire par leurs propres moyens lorsque ces armes sont destinées à être mises sur le marché, sans préjudice de la vérification et de la certification obligatoire prévue au paragraphe 2. Lorsqu’il s’agit d’armes de la Police grand-ducale, l’opération de neutralisation d’une part et les opérations de vérification et de certification d’autre part sont effectuées par des membres différents de la Police grand-ducale. L’article 61, paragraphe 2, n’est pas applicable lorsqu’une administration relevant de l’État fait vérifier et certifier la neutralisation par la Police grand-ducale.
(4)
Les armes de la catégorie C sont à déclarer au ministre par la personne en la possession de laquelle elles se trouvent. Le ministre émet un certificat qui confirme que l’arme a été valablement déclarée.
(5)
Les armes de la catégorie C valablement déclarées conformément au paragraphe 4 peuvent être importées, exportées, transférées, acquises et cédées par des personnes majeures à des fins privées et non commerciales, et être détenues au domicile ou à la résidence habituelle de la personne titulaire du certificat visé au paragraphe 4. Elles ne peuvent être transportées ou portées en public qu’avec l’autorisation du ministre, à l’exception des transports effectués lors de leur prise en possession ou de leur dessaisissement, ou en raison de leur réparation ou maintenance.
(6)
Les opérations commerciales et professionnelles relatives aux armes de la catégorie C restent réservées aux armuriers et commerçants d’armes agréés.
Art. 12. Détermination de la classification d’armes et de munitions en cas de doute
(1)
En cas de doute quant à l’appartenance d’armes et de munitions, faisant l’objet d’une demande d’autorisation, à l’une ou l’autre des catégories prévues à l’article 2, le ministre procède à la classification et en informe le requérant par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de divergence, le requérant est tenu de produire, à son choix, un certificat établi par :
le fabricant des armes et munitions en question, ou
la Police grand-ducale, ou
un banc d’épreuves d’armes à feu d’un autre État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, agréé par l’État concerné,
duquel il résulte que les armes et munitions concernées appartiennent à la catégorie d’armes dont se prévaut le requérant.
La lettre recommandée avec accusé de réception visée à l’alinéa 1er vaut autorisation de transport, lorsque les armes et munitions en question doivent faire l’objet d’un transport en vue de la détermination de leur classification.
(2)
En cas de silence du requérant pendant le délai de trois mois suite à l’information du ministre visée au paragraphe 1er, il est présumé avoir accepté la classification retenue par le ministre.
(3)
Lorsque, dans un cas déterminé, ou même après la production du certificat visé au paragraphe 1er, les caractéristiques techniques d’armes et de munitions font qu’elles ont pour conséquence que ces armes et munitions relèvent à la fois de deux ou des trois catégories prévues par l’article 2, les dispositions relatives à la catégorie la plus restrictive s’appliquent.
(4)
En cas de modification d’armes et de munitions ayant pour effet que leurs caractéristiques les font relever de la présente loi ou d’une autre des catégories visées à l’article 2, les dispositions légales afférentes s’y appliquent de plein droit.
Art. 13. Transport d’armes et de munitions
(1)
Les armes et munitions relevant du champ d’application de la présente loi sont transportées dans les conditions suivantes :
les armes à feu sont déchargées ;
les armes et munitions sont conditionnées de sorte que rien ne laisse présumer qu’il s’agit d’armes et de munitions ;
les armes à feu sont rendues inaptes au tir par le montage d’un dispositif technique ou par le démontage d’une partie essentielle au sens de l’article 1er, point 2°.
(2)
Chaque transport sur la voie publique doit être effectué sur le trajet le plus court.
(3)
Dans le cadre d’un voyage avec des armes et munitions effectué par un moyen de transport collectif, le voyageur peut s’en dessaisir momentanément en raison des contraintes de sécurité inhérentes au voyage et suivant les instructions de l’organisateur du voyage ou du transporteur.
Art. 14. Vérification de la dangerosité
(1)
Les autorisations, permis et agréments prévus par la présente loi sont délivrés par le ministre aux seules personnes qui, compte tenu de leur comportement et de leurs antécédents judiciaires ou policiers, ne font pas craindre qu’elles sont susceptibles de présenter un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, pour l’ordre public ou pour la sécurité publique. Une condamnation pour une infraction intentionnelle violente est considérée comme une indication d’un tel danger.
(2)
Aux fins de la détermination de la dangerosité visée au paragraphe 1er, une enquête administrative est diligentée par le ministre qui consiste à vérifier auprès du procureur d’État du tribunal d’arrondissement dans le ressort duquel le requérant réside et de la Police grand-ducale si le requérant a commis un ou plusieurs des faits visés au paragraphe 3 qui ont fait l’objet d’une condamnation pénale ou qui ont donné lieu à l’établissement d’un procès-verbal ou d’un rapport de police. Les faits auxquels se rapportent les informations fournies par le procureur d’État et la Police grand-ducale ne peuvent avoir été commis plus de cinq ans avant l’introduction de la demande en obtention d’une autorisation, d’un permis ou d’un agrément prévus par la présente loi ou font l’objet d’une poursuite pénale en cours.
Les informations concernant les faits visés à l’alinéa 1er sont communiquées au ministre sous forme de l’intégralité ou d’extraits de procès-verbaux ou rapports de police, jugements, arrêts, ordonnances, ou tout autre document ou acte de procédure contenant les informations concernées. Ces informations ainsi que les documents communiqués sont détruits six mois après une décision ayant acquis force de chose décidée ou jugée prise au sujet de la demande d’agrément, de permis ou d’autorisation ayant motivé la demande de communication.
(3)
Le procureur d’État et la Police grand-ducale ne communiquent des informations au ministre, conformément au présent article, que pour des faits :
incriminés en tant que crime ou délit par la loi ;
visés à l’article 563, point 3°, du Code pénal relatif aux voies de fait et violences légères ;
ayant motivé une procédure d’expulsion sur base de l’article Ier de la loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique.
L’alinéa 1er ne s’applique pas aux faits qui, bien que relevant des points 1° et 2°, ont fait l’objet d’un acquittement, d’une réhabilitation judiciaire ou légale, ou sont prescrits.
(4)
Afin de déterminer si une personne, qui a introduit une demande en obtention d’une autorisation, d’un permis ou d’un agrément prévus par la présente loi, fait l’objet d’une enquête préliminaire ou d’une instruction préparatoire en cours pour un ou plusieurs des faits visés au paragraphe 3, le ministre peut demander au procureur général d’État les renseignements nécessaires à cette fin. Pendant toute la durée où les faits en cause sont couverts par le secret de l’instruction prévu par l’article 8 du Code de procédure pénale, les renseignements fournis par le procureur général d’État comportent uniquement le nom, le prénom et le numéro d’identification au sens de la loi modifiée du 19 juin 2013 relative à l’identification des personnes physiques ou, à défaut de ce numéro, la date de naissance et l’adresse ou la dernière adresse connue de la personne concernée, ainsi que la qualification juridique des faits qui lui sont reprochés et qui sont incriminés par les dispositions légales visées au paragraphe 3.
Le ministre peut tenir en suspens une demande introduite aux fins de l’obtention d’une autorisation, d’un permis ou d’un agrément prévus par la présente loi pendant toute la durée où un ou plusieurs des faits visés au paragraphe 3 fait ou font l’objet d’une enquête préliminaire ou d’une instruction préparatoire en cours.
Les dispositions de l’alinéa 1er s’appliquent également lorsque le ministre doit déterminer si le titulaire d’une autorisation, d’un permis ou d’un agrément délivré en application de la présente loi et en cours de validité, ne fait pas craindre qu’il est susceptible de présenter un danger au sens du paragraphe 1er, alors que le ministre dispose d’informations susceptibles de faire craindre qu’un tel danger émane de la personne concernée. Si la personne concernée fait l’objet d’une enquête préliminaire ou d’une instruction préparatoire en cours pour un ou plusieurs des faits visés au paragraphe 3, le procureur général d’État, outre les informations visées à l’alinéa 1er, transmet au ministre les informations nécessaires relatives à une saisie éventuelle des armes figurant sur l’autorisation ou le permis de la personne concernée dans le cadre de la procédure en cours. En cas de restitution des armes saisies en application de l’article 68 du Code de procédure pénale, le procureur général transmet au ministre une copie de la décision judiciaire ayant prononcé la restitution.
(5)
Sur demande, le procureur général d’État communique au ministre copie des décisions judiciaires qui figurent au bulletin n° 2 du casier judiciaire de la personne concernée, délivré au ministre conformément à l’article 15, paragraphe 4. Ces copies sont détruites six mois après une décision ayant acquis force de chose décidée ou jugée prise au sujet de la demande d’agrément, de permis ou d’autorisation ayant motivé la demande de communication.
(6)
Pour les besoins de l’appréciation de l’existence d’un danger au sens du paragraphe 1er, les décisions de placement prononcées en vertu de l’article 71 du Code pénal sont assimilées, quant à leurs conséquences dans le cadre de la présente loi, aux condamnations pénales lorsqu’il y est fait référence.
(7)
Pour les besoins de l’appréciation de l’existence d’un danger au sens du paragraphe 1er, les condamnations prononcées par une juridiction pénale d’un autre État membre de l’Union européenne, d’un pays associé à l’espace Schengen ou de l’Espace économique européen sont assimilées aux condamnations prononcées par les juridictions pénales luxembourgeoises lorsque la présente loi y fait référence. Il en est de même lorsqu’une condamnation étrangère est prononcée pour des faits incriminés par la présente loi, nonobstant toute divergence entre les définitions ou éléments constitutifs des infractions luxembourgeoise et étrangère.
(8)
Le présent article ne s’applique pas aux autorisations visées au chapitre 4.
Art. 15. Fichier des armes et traitement de données à caractère personnel
(1)
Le ministre tient un fichier comportant les données à caractère personnel des personnes physiques qui sont nécessaires pour tracer et identifier les armes visées par la présente loi, ainsi que pour la gestion administrative des documents gérés aux fins de l’exécution de la présente loi.
(2)
La partie informatisée de ce fichier comprend :
le type, la marque, le modèle, le calibre et le numéro de série de chaque arme à feu ainsi que le marquage appliqué sur la carcasse ou sur la boîte de culasse en tant que marquage unique ;
le numéro de série ou le marquage unique appliqué aux parties essentielles, lorsque celui-ci est différent du marquage sur la carcasse ou sur la boîte de culasse de chaque arme à feu ;
les noms, prénoms, dates de naissance et adresses des fournisseurs et des acquéreurs ou des détenteurs de l’arme à feu, ainsi que la ou les dates correspondantes ;
les modifications apportées à l’arme à feu entraînant un changement de catégorie, y compris sa neutralisation ou destruction certifiée et la ou les dates correspondantes.
Les données relatives aux armes à feu et aux parties essentielles, y compris les données à caractère personnel y afférentes, sont conservées au fichier pour une période maximale de trente ans qui court à partir de la destruction des armes à feu ou des parties essentielles en question.
(3)
Les enregistrements relatifs aux armes à feu et aux parties essentielles visées au paragraphe 2 ainsi que les données à caractère personnel y afférentes sont accessibles :
à d’autres autorités compétentes administratives qui ont besoin d’en connaître dans l’exercice de leurs missions légales pendant une période maximale de dix ans qui court à partir de la destruction de l’arme à feu ou des parties essentielles en question ; et
aux autorités compétentes afin de prévenir ou détecter des infractions pénales, de mener des enquêtes ou des poursuites en la matière ou pour exécuter des sanctions pénales, pendant une période de trente ans après la destruction de l’arme à feu ou des parties essentielles en question.
Cette disposition s’applique sans préjudice des cas dans lesquels des données à caractère personnel spécifiques ont été transmises à une autorité compétente à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière ou d’exécution de sanctions pénales, et sont utilisées dans ce contexte spécifique, ou à d’autres autorités compétentes pour une finalité compatible prévue par la loi. Dans ces cas, le traitement de ces données par les autorités compétentes est régi par la loi du 1er août 2018 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel en matière pénale ainsi qu’en matière de sécurité nationale.
(4)
La personne concernée joint à sa demande l’autorisation afin que le bulletin n° 2 du casier judiciaire soit délivré directement par le procureur général d’État au ministre.
(5)
Le ministre échange, y compris par voie électronique, sur demande ou de façon spontanée, les données, à caractère personnel ou non personnel, avec :
les autorités nationales compétentes pour :la prévention, la recherche et la constatation des infractions pénales ;l’exécution de la loi modifiée du 25 mai 2011 relative à la chasse ;l’exécution de la loi modifiée du 2 septembre 2011 réglementant l’accès aux professions d’artisan, de commerçant, d’industriel ainsi qu’à certaines professions libérales ;l’exécution de l’article 1017-13 du Nouveau Code de procédure civile ;l’exécution de la loi du 27 juin 2018 relative au contrôle des exportations, etl’exécution de la loi modifiée du 10 juin 1999 relative aux établissements classés, dans la mesure où des armes et munitions sont concernés ;
les autorités étrangères compétentes pour l’exécution :de la directive (UE) 2021/555 et de ses actes délégués et d’exécution ;du règlement (UE) 258/2012 ;de la Convention Benelux en matière d’armes et de munitions, signée à Bruxelles le 9 décembre 1970 ;de la Convention européenne sur le contrôle de l’acquisition et de la détention d’armes à feu par des particuliers, ouverte à la signature à Strasbourg le 28 juin 1978 ;du Traité sur le commerce des armes, fait à New York le 2 avril 2013, etdu Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 31 mai 2001 ;
dans la mesure où ces échanges ont comme finalité l’exécution de la présente loi et de ses règlements d’exécution ou d’une des dispositions légales visées aux points 1° et 2°.
Les données à caractère personnel pouvant faire l’objet d’un échange peuvent comporter, dans le respect des principes de la nécessité et de la proportionnalité eu égard à la finalité de l’échange :
les noms, prénoms, date de naissance et adresses, actuelles et antérieures, de la personne concernée ;
les dates de demande, d’octroi ou de refus ou de révocation des autorisations dont la personne concernée est ou était titulaire ou dont l’octroi a été demandé, ainsi que les motifs pour lesquels les autorisations et permis ont été octroyés, de même que les faits pour lesquels des autorisations ont été refusés ou révoqués ;
l’ensemble des données relatives aux armes figurant ou ayant figuré sur les autorisations et permis visés au point 2° ou pour lesquelles leur octroi a été demandé.
Art. 16. Attestation médicale
(1)
Sans préjudice des autres conditions prévues par la présente loi, l’octroi des agréments, permis et autorisations y prévues est soumis à la condition que le requérant présente une attestation médicale de laquelle il résulte que la possession d’armes et de munitions dans son chef ne constitue pas un danger pour lui-même, autrui ou pour l’ordre et la sécurité publics.
(2)
L’attestation médicale visée au paragraphe 1er, datant de deux mois au maximum au moment de sa présentation au ministre, est délivrée :
par le médecin référent de l’intéressé au sens de l’article 19bis du Code de la sécurité sociale, ou par un médecin qui déclare, sur l’attestation, suivre l’intéressé depuis au moins un an, ou
à défaut d’un médecin visé au paragraphe 1er par un psychiatre ou un neuropsychiatre.
Si le permis de port d’armes est demandé pour un agent de gardiennage au sens de la loi modifiée du 12 novembre 2002 relative aux activités privées de gardiennage et de surveillance, l’attestation médicale peut être délivrée par un des médecins visés aux points 1° et 2°, ou par le médecin du travail compétent, après avis favorable d’un des médecins visés aux points 1° ou 2°.
(3)
Une attestation médicale est à produire lors de la première demande en obtention d’un agrément, d’un permis ou d’une autorisation et lors de chaque demande de renouvellement à l’expiration d’un agrément, d’un permis ou d’une autorisation.
(4)
Lorsque, après l’octroi de l’agrément, du permis ou de l’autorisation, il résulte d’informations à caractère médical ou psychologique obtenues par le ministre que la possession d’armes et de munitions dans le chef du titulaire pourrait constituer un danger au sens du paragraphe 1er, le titulaire est tenu, sur demande du ministre, à délivrer une nouvelle attestation médicale.
(5)
Le présent article n’est pas applicable aux autorisations visées au chapitre 4.
Chapitre 2 Agrément des armuriers, commerçants d’armes et courtiers
Art. 17. Agrément d’armurier et de commerçant d’armes
(1)
Sans préjudice des autorisations requises par d’autres dispositions légales ou réglementaires, il est interdit d’exercer l’activité d’armurier et de commerçant d’armes, ou de se faire connaître comme tel sur le territoire luxembourgeois, sans avoir obtenu au préalable l’agrément du ministre.
(2)
Indépendamment de la forme juridique sous laquelle l’activité d’armurier est exercée, l’agrément ne peut être délivré qu’à des personnes physiques si les conditions suivantes sont remplies cumulativement :
le requérant ne fait pas craindre qu’il est susceptible de présenter un danger au sens de l’article 14, paragraphe 1er ;
le requérant produit l’autorisation afin que le bulletin n° 2 du casier judiciaire soit délivré directement par le procureur général d’État au ministre ;
le requérant produit une attestation médicale conformément à l’article 16 ;
le requérant dispose de locaux qui correspondent aux conditions prévues par l’article 22 ;
le requérant dispose d’une autorisation d’établissement ou du moins d’une décision de principe y afférente ; un agrément d’armurier ne peut être délivré qu’aux requérants titulaires d’une autorisation d’établissement pour le métier principal d’armurier au sens de l’article 12, paragraphe 2, de la loi modifiée du 2 septembre 2011 réglementant l’accès aux professions d’artisan, de commerçant, d’industriel ainsi qu’à certaines professions libérales ; les requérants titulaires d’une autorisation d’établissement délivrée sur base de l’article 8 de la loi précitée du 2 septembre 2011 peuvent se voir délivrer un agrément de commerçant d’armes ;
le requérant établit que l’exploitation du commerce est couverte par une autorisation délivrée sur base de la loi modifiée du 10 juin 1999 relative aux établissements classés, si les armes et munitions pour lesquelles l’agrément est demandé requièrent une telle autorisation ;
le requérant fournit, sur demande du ministre, les informations visées au paragraphe 7 ;
l’exploitation de l’armurerie est couverte par un contrat d’assurance en responsabilité civile pour des dommages physiques et matériels causés à des tiers par des armes à feu.
Si le requérant est agréé comme armurier dans un autre État membre de l’Union européenne, il est tenu compte, lors de l’appréciation de la demande d’agrément au Luxembourg, des garanties apportées dans le cadre de cette procédure d’agrément.
(3)
L’agrément a une durée de validité maximale de cinq ans et est renouvelable. Les requérants sollicitant la dispense de l’octroi de permis de transfert préalable visé à l’article 41 ne peuvent se voir délivrer qu’un agrément d’une durée de validité maximale de trois ans.
(4)
L’agrément ou son renouvellement peut être limité à certaines opérations et à certaines catégories d’armes et munitions. Il est essentiellement révocable et peut être assorti d’obligations et de conditions. Les quantités maximales des différents types d’armes et des munitions afférentes pouvant être tenues en stock sont fixées par l’agrément délivré par le ministre ; ces quantités ne peuvent dépasser celles fixées par les dispositions légales et réglementaires relatives aux établissements classés.
(5)
L’agrément est strictement personnel et ne peut être délégué à de tierces personnes. L’ouverture de succursales ou de points de vente ambulants est interdite. Exceptionnellement, lors d’événements sportifs, culturels, scientifiques ou historiques, un armurier agréé peut être autorisé à faire le commerce d’armes et de munitions en dehors de son établissement pendant un délai, à fixer par l’autorisation, qui ne peut dépasser les cinq jours ouvrables.
(6)
Lorsque l’activité d’armurier est exercée sous la forme d’une personne morale, le titulaire de l’agrément doit assurer personnellement et de manière permanente l’exploitation et la gestion journalière du commerce. En cas de départ du titulaire de l’agrément, le ministre doit en être informé dans le délai de deux semaines. Une autorisation provisoire, valable pour une période maximale de six mois, peut être accordée afin de permettre à la personne morale de pourvoir au remplacement du titulaire de l’agrément. L’autorisation provisoire peut être prorogée une seule fois, sans que cette prorogation puisse dépasser les six mois.
(7)
Lorsque l’activité d’armurier est exercée sous la forme d’une personne morale, la délivrance de l’agrément est subordonnée à la communication au ministre de l’identité de tous les actionnaires ou associés, directs ou indirects, personnes physiques ou morales, qui détiennent dans la personne morale en cause une participation, ainsi que les montants de ces participations, et, le cas échéant, l’identité du bénéficiaire effectif au sens de la loi modifiée du 12 novembre 2004 relative à la lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme. Les informations visées au présent paragraphe ne peuvent être communiquées par le ministre à d’autres autorités nationales, étrangères ou internationales que dans les hypothèses prévues par la loi ou par une disposition de droit international.
(8)
Sur demande du requérant, un accord de principe peut être délivré avant l’octroi de l’agrément, dès lors que le requérant a pu établir que les conditions prévues au paragraphe 2, points 1°, 2° 3° et 7°, sont remplies.
L’agrément est ensuite délivré dès qu’il est établi que le requérant remplit également les conditions prévues au paragraphe 2, points 4°, 5°, 6° et 8°.
Art. 18. Refus et retrait des agréments
(1)
Sans préjudice des autres conditions prévues par l’article 17, l’agrément ne peut en aucun cas être accordé aux personnes :
âgées de moins de vingt-et-un ans révolus ;
auxquelles le port ou la détention d’une arme a été interdit par une décision de justice ;
placées ou ayant été placées sous sauvegarde de justice, tutelle ou curatelle ou dans un établissement ou service psychiatrique fermé ;
qui ont fait de fausses déclarations ou qui ont fabriqué ou présenté des faux dans le cadre de la demande en obtention de l’agrément ;
qui n’ont pas eu de résidence légale au Luxembourg ou dans un autre État de l’Espace économique européen de façon continue pendant au moins cinq ans au moment de l’introduction de la demande ;
condamnées à une peine criminelle.
(2)
L’agrément est retiré et son renouvellement est refusé si les conditions prévues à l’article 17 et au paragraphe 1er ne sont plus remplies.
(3)
Les personnes auxquelles l’agrément a été retiré ou auxquelles le renouvellement de l’agrément a été refusé sont tenues de remettre leurs armes et munitions, ainsi que l’agrément visé entre les mains des membres de la Police grand-ducale dans le délai imparti par la décision ministérielle afférente.
Art. 19. Salariés et collaborateurs des armuriers
(1)
Tous les salariés et collaborateurs qui exercent leur activité professionnelle sous l’autorité, la direction et la surveillance d’un armurier ou d’un commerçant d’armes doivent être agréés par le ministre. L’agrément ne peut être accordé qu’aux personnes :
âgées de dix-huit ans révolus, à l’exception des stagiaires et des apprentis âgés de seize ans révolus ;
qui ne font pas craindre qu’elles sont susceptibles de présenter un danger au sens de l’article 14, paragraphe 1er ;
auxquelles le port ou la détention d’une arme n’a pas été interdit par une décision de justice ;
qui ont produit une attestation médicale positive au sens de l’article 16 ;
qui ont une résidence légale au Luxembourg ou dans un autre État membre de l’Union européenne.
(2)
Les salariés et collaborateurs titulaires d’une autorisation délivrée en application des dispositions du chapitre 3 sont dispensés de l’obligation d’obtenir l’agrément prévu par le présent article.
(3)
Les dispositions du paragraphe 1er ne s’appliquent pas aux salariés et collaborateurs qui n’ont pas accès aux armes et munitions qui se trouvent à l’armurerie.
Art. 20. Interdiction de remise d’armes et de munitions à des personnes non autorisées
(1)
Il est interdit aux armuriers, aux commerçants d’armes et à leurs salariés et collaborateurs de remettre, à un titre quelconque, des armes et des munitions à des particuliers non munis d’un permis de port d’armes ou de l’autorisation visée à l’article 35, paragraphe 2. Lors de chaque remise d’armes ou de munitions à un particulier, à quelque titre que ce soit, l’armurier ou le commerçant d’armes est tenu de vérifier l’identité de la personne et de se faire présenter le permis de port d’armes ou l’autorisation dont l’acheteur doit, le cas échéant, être titulaire. Seules les munitions qui peuvent être tirées avec les armes légalement détenues par l’acheteur peuvent lui être vendues ou remises à un titre quelconque.
(2)
Le paragraphe 1er s’applique également en cas de contrats conclus à distance au sens des articles L.221-1 à L.222-23 du Code de la consommation.
Art. 21. Registre d’armes
(1)
Les armuriers et commerçants d’armes tiennent un registre d’armes dans lequel est à inscrire pour chaque arme et partie essentielle :
le type, la marque, le modèle, le calibre et le numéro de série de chaque arme à feu ;
les noms, prénoms et adresses du fournisseur ou de la personne de laquelle l’arme ou la partie essentielle a été reçue, ou à laquelle elle a été remise, ainsi que les dates y afférentes ;
les modifications apportées à l’arme à feu entraînant un changement de catégorie, y compris sa neutralisation ou destruction certifiée et les dates correspondantes, ainsi que
le numéro et la date du permis de port d’armes ou de l’autorisation ministérielle dont la personne récipiendaire de l’arme ou de la partie essentielle doit être munie, si un permis de port d’armes ou une autorisation est requise en application de la présente loi.
(2)
Chaque arme et partie essentielle doit être inscrite au registre d’armes dès qu’elle est remise à l’armurier, sans égard au droit en vertu duquel cette remise est effectuée. Les opérations visées à l’article 20, paragraphe 2, ainsi que les opérations de courtage visées à l’article 23, paragraphe 2, sont également inscrites au registre d’armes. En cas de mise en dépôt-vente d’une arme ou d’une partie essentielle d’un particulier auprès d’un armurier, celui-ci, en outre de l’inscription au registre, en informe le ministre endéans les huit jours ouvrables à partir de l’opération.
(3)
Le registre d’armes doit être exhibé à toute réquisition des agents de la Police grand-ducale, de l’Administration des douanes et accises, ou du ministre. Il doit être conservé par l’armurier pendant toute la durée de son activité. Lors de la cessation de l’activité, le registre est remis au ministre. Les armuriers peuvent être tenus à délivrer une copie de leur registre d’armes.
(4)
Un règlement grand-ducal détermine le modèle du registre d’armurier, ainsi que les conditions suivant lesquelles un registre peut être tenu sous forme informatisée, y compris un système de transmission des données et informations par une voie électronique sécurisée en relation avec le ficher visé à l’article 15.
Art. 22. Stockage des armes et munitions par les armuriers et les commerçants d’armes
(1)
Les locaux professionnels des armuriers et des commerçants d’armes dans lesquels sont stockées, commercialisées, fabriquées, réparées, transformées ou neutralisées des armes et munitions correspondent aux conditions suivantes :
installation d’un système électronique d’alarme qui doit être armé en dehors des heures d’activité ;
installation de portes extérieures du bâtiment en bois plein d’une épaisseur minimale de 4 cm, ou dans un autre matériau de résistance comparable, ou de portes en verre feuilleté, ces portes devant en outre être munies d’au moins deux ergots empêchant le dégondage ;
installation sur toutes les portes extérieures du bâtiment soit d’une serrure à trois points résistante à une effraction pendant cinq minutes, soit d’une combinaison de trois serrures résistantes ensemble à une effraction pendant cinq minutes ;
équipement de toutes les fenêtres extérieures de vitres en verre feuilleté, en verre filigrané d’une épaisseur d’au moins 5 mm, ou en tout autre matériau antichoc comparable ;
installation de volets verrouillables devant ou derrière les fenêtres et les portes extérieures ayant une fenêtre, à fermer en dehors des heures d’activité ;
équipement des fenêtres extérieures situées à moins de 3 mètres du sol d’une protection entravant le passage d’une personne, même d’un enfant ;
dans les espaces accessibles au public, les armes à feu sont exposées de façon à ce qu’elles ne puissent être prises en main que par une personne agréée ;
installation en un endroit visible et facilement accessible en toutes circonstances d’au moins un extincteur de feu dans chaque local où se trouvent des munitions ;
affichage d’une interdiction d’entrée des locaux pour les mineurs non accompagnés d’une personne majeure.
Les dispositions des points 2° à 6° de l’alinéa 1er ne s’appliquent pas lorsque les armes et munitions sont stockées dans un coffre-fort, une armoire forte spécialement conçue pour le stockage d’armes, ou dans une pièce spécifique des locaux, si l’armoire forte ou la pièce sécurisée présente le même degré de sécurité que celui prévu à l’alinéa 1er, points 4° à 6°.
(2)
L’existence des conditions de stockage prévues par le présent article est vérifiée par la Police grand-ducale, sur réquisition du ministre.
Art. 23. Courtiers en armes et munitions
(1)
Il est interdit d’exercer sur le territoire du Luxembourg l’activité de courtier d’armes en relation avec des armes et munitions de la catégorie A.
(2)
Les opérations de courtage en relation avec des armes et munitions des catégories B et C peuvent être effectuées à titre accessoire par les armuriers et les commerçants d’armes agréés. Aucun agrément ne peut être délivré pour l’exercice exclusif de l’activité de courtage.
(3)
Une opération de courtage est considérée avoir été accomplie sur le territoire du Luxembourg lorsqu’un des actes nécessaires à sa réalisation a été effectué ou tenté d’être effectué, complètement ou partiellement, sur le territoire luxembourgeois.
(4)
Le présent article ne s’applique pas aux obligations qui incombent au Luxembourg dans le cadre de son appartenance à une organisation internationale.
Chapitre 3 Octroi des autorisations aux particuliers
Art. 24. Conditions générales
(1)
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